Nicolas Blondeau, dernier pied à terre

Xavier Boudon 22 janvier 2026

L’Homme de cheval, auteur d’une méthode éponyme, s’est éteint aujourd’hui à l’âge de 70 ans. Cavalier, amoureux des chevaux, il est devenu référent dans l’approche comportementale des chevaux, au point de créer sa propre école à Saumur.

La filière équine française perd non seulement un être humain mais aussi et surtout un puits de connaissances. Ce savoir que Nicolas Blondeau a su formaliser dans deux livres et transmettre à plusieurs générations d’élèves de tous horizons. Assureur de métier, il a décidé un jour de se lancer. « Je l’ai connu il y a plus de quarante ans, quand il montait à Poitiers » se souvient Pascal Cadiou, président du stud-book Selle Français et ami de longue date. « Déjà à l’époque, quand quelqu’un rencontrait une difficulté avec un cheval, il venait l’aider. Et un jour, il s’est dit qu’il fallait relancer cette approche basée beaucoup sur l’observation« . Intervenant lors du testage SF voici quelques années, Nicolas Blondeau est devenu progressivement un partenaire historique. « En dehors du bénéfice immédiat pour les éleveurs, l’associer à nos finales d’élevage a permis de sensibiliser les éleveurs à ce type de méthode qui repose sur une meilleure connexion avec le cheval. En réalité, il a formalisé et remis au goût du jour des concepts que nous avions tous perdu de vue. » La fameuse ‘méthode Blondeau’ devenue célèbre avait d’ailleurs convaincu un grand éditeur. « Lors de notre rencontre, j’ai dit tout de suite dit oui » se souvient Guillaume Henry, directeur de collection aux éditions Belin à cette époque. « Sa méthode était originale, intéressante et liée à la tradition. C’était un véritable Homme de cheval, très cultivé. En réalité, cette méthode, c’était sa vie, il l’incarnait totalement.« 

« Un homme extraordinaire »

Nicolas Blondeau a longtemps accompagné le Selle Français, et marqué son passage et les personnes qui l’ont croisé. C’est le cas de Christian Hermon, ancien membre de l’équipe de France de saut d’obstacles. « Je l’ai rencontré lors du testage voici quelques années » dit-il, « je faisais partie des cavaliers référents aux côtés d’Eric Navet, Olivier Guillon, Jacques Bonnet, etc. Nicolas donnait son avis sur le comportement des candidats étalons. Je me retrouvais bien dans sa méthode, nous avions la même façon de voir les choses. En très peu de temps, il avait un très bon ressenti sur un cheval, et savait s’adapter à lui, ce qui caractérise tout bon cavalier. La base de notre métier repose sur l’observation du cheval, de son fonctionnement afin d’obtenir ce que l’on veut de lui. Et il a su le traduire en mots et le transmettre. » De nombreux cavaliers, amateurs comme professionnels, ont bénéficié de son savoir. « C’était un homme extraordinaire » affirme Pierre Barki, président de France Complet et ancien cavalier de concours complet. « Il a été précurseur en formant beaucoup de monde. Quelque part, il était comme un apprenti-sorcier, un pionnier dans ce domaine. Certains cavaliers de haut niveau doutent encore de ces méthodes. Pourtant, si les gens étaient plus proches de leurs chevaux, de nombreuses choses se passeraient mieux. D’une certaine façon, il nous a réappris à apprivoiser le cheval, à instaurer à la fois confiance et respect.« 

Victime d’un malaise alors qu’il était à cheval, Nicolas Blondeau a finalement succombé à quelques mètres de son cheval. « Même si c’est bien trop tôt, Nicolas est mort en cavalier, là où il aimait être par-dessus tout, avec ses chevaux » ajoute Pascal Cadiou. Le Châtelleraudais (il est né à Châtellerault le 5 décembre 1955) rejoint ainsi son grand ami André Chenu disparu lui-aussi l’an passé. Nul doute qu’ils parleront de chevaux.

La rédaction pense ce soir très fort à sa femme Florence et à sa famille.

Les obsèques auront lieu mardi 27 janvier à 14h30 à l’église de Montsoreau (Maine-et-Loire).