Orak d’Hamwyck, la nouvelle pépite T&L
Depuis décembre dernier, le grand étalon noir a passé un cap. Le voici parmi les chevaux de 5*, offrant par la même occasion à son cavalier la juste récompense d’un travail entamé il y a six ans. A Bordeaux pour la première fois de sa vie, Frédéric Vernaet sait qu’il détient là un atout maître pour flirter avec les sommets. Rencontre avec un Belge ravi de sa recrue.
Le fils de Tobago Z avait fortement impressionné les observateurs avisés lors de son passage au CSI4* de Cabourg 2024, où il avait pris la 3e place du Grand Prix. A la force, il associe l’envergure et le charisme. Car comme le dit Frédéric, Orak d’Hamwyck est un véritable « eye catcher ». Cavalier n°1 de l’écurie T&L de Luc Tilleman, il est également…le gendre de ce dernier. « Nous travaillons tous ensemble avec Luc et sa fille – ma femme – Delphine. Notre activité principale est l’élevage avec environ vingt poulains par an que nous valorisons. Nous avons à peu près cinquante chevaux au travail pour quatre cavaliers. » Contrairement à Dieu Merci van T & L né, valorisé et stationné à l’élevage, Orak d’Hamwyck a rejoint la famille à six ans. « Nous le suivions depuis longtemps » avoue Frédéric. « Il a remporté le championnat de saut en liberté de Malines (un championnat ouvert à tous les stud-books, ndlr). Mais ses naisseurs voulaient le garder pour le valoriser jusqu’à 6 ans. Nous avons alors eu la possibilité de l’acquérir. » Luc Tilleman et ses proches n’ont pas hésité longtemps. « Il était phénoménal de 4 à 6 ans, toujours très respectueux, avec beaucoup de moyens. Il attirait tous les regards, c’est un très beau cheval. Il nous intéressait également pour l’intégrer à notre programme d’élevage. » L’objectif initial, et toujours d’actualité, n’était donc pas de le revendre mais bien de tirer partie de sa génétique.
« Peu importe la hauteur »
« Désormais nous avons plusieurs 3 et 4 ans par Orak. Ils ont tous hérité de ses qualités. Il produit vraiment bien. Donc j’aimerais bien continuer de le faire progresser à haut niveau. » Lors de la première épreuve importante du programme de ce CSI5*-W de Bordeaux 2026, il a montré toute sa force, ne jouant pas du tout le chrono. Un vrai tour de travail ! « Entre mes premiers sauts avec lui et aujourd’hui, Orak n’a pas changé. Peu importe la hauteur de l’obstacle. Je connais peu de chevaux qui procurent ce genre de sensations. » Repéré par Luc Tilleman, celui-ci est tombé amoureux dès sa première rencontre avec le fils de Tobago Z. « Je l’ai débuté à 7 ans sur le circuit international. Il n’a sauté que de petites épreuves, jamais celles réservées aux 7 ans. Il était tellement précautionneux que j’ai pris mon temps afin de construire notre relation. » La première impression à la vision de ses parcours reste la puissance, comme si la hauteur et la largeur ne le dérangeaient pas. « Il a participé à sa première épreuve ranking FEI au CSI3* de Bonheiden. Là j’ai compris qu’il irait très loin et qu’il pouvait sauter les plus grosses épreuves » raconte Frédéric.
Facile au quotidien
Parfois, mener de front carrière sportive et reproduction pose quelques problèmes aux étalons. Visiblement, pas à Orak. « Il est vraiment sympa à s’occuper. Il n’a pas du tout le comportement d’un entier sur les paddocks, il est très calme, y compris à la maison. Mais dès qu’il entre en piste, il se transforme complètement, comme s’il enclenchait le turbo ! Quand il entend la cloche, il devient très léger, plein de sang. » Comme beaucoup de chevaux naturellement doués, Orak n’a pas besoin de beaucoup travailler. « A la maison, je le travaille surtout sur le plat, je pars en promenade et quand je saute, c’est vraiment sur de petits obstacles » dit Frédéric.
Une production prometteuse
Dès son achat, Orak d’Hamwyck a pleinement été utilisé par ses nouveaux propriétaires. « Il a beaucoup sailli les deux premières années chez nous car nous voulions nous concentrer sur notre programme d’élevage. Nous avons déjà des produits sous la selle. Ils lui ressemblent, faciles au quotidien, avec des moyens, de l’équilibre, un bon galop. » Comme on peut s’y attendre, il faut lui préférer des juments modernes, avec du sang, même un peu légères. « Il transmet son bon tempérament. Il toise 1,71m, et il apporte de la taille. » Distribué depuis trois saisons par France Etalons (qui a eu le nez creux!), il est disponible en semence congelée. « L’an dernier, nous l’avons proposé en frais pendant un mois. Cette année nous aviserons selon le programme de concours. »
Orak d’Hamwyck
BWP – Noir – 1,71m par Tobago Z (Tangelo vd Zuuthoeve x Mr Blue) et Kamira d’Hamwyck par Toulon.
Souche de Premium de Laubry (1,60m), Whitney vd Dwerse Hagen (1,60m), Jonsaunier Dwerse Hagen (1,60m), Rubens du Ri d’Asse (1,60m), etc.