Saut Hermès : Scott Brash, taille patron !

Xavier Boudon 22 mars 2026

Débarqué au Grand Palais avec le brassard Longines de n°1 mondial, l’Ecossais partait avec le statut de favori dans cette ultime confrontation parisienne…mais aussi avec une cible dans le dos. Parti en n°2 au barrage, il a pourtant réussi la prouesse de s’imposer de plus d’une seconde, s’offrant son premier succès sous la verrière du Grand Palais. Jeanne Sadran termine 8e et meilleure française.

Quel suspens ! Quel parcours signé Santiago Varela, el maestro comme l’ont appelé les dirigeants de la Maison Hermès et de GL Events Equestrian ! Pourtant, durant plus d’une heure, le public a cru à un scénario improbable : pas de barrage. Seul Martin Fuchs (SUI), dossard n°7, avait alors trouvé la clé du tracé de l’espagnol. Deux enchaînements furent fatals à de nombreux couples : la courbe à main droite entre l’oxer n°6 et le double de verticaux n°7, et la ligne de doubles 10/11. A la pause technique, les cavaliers ont semble-t-il visionné les parcours de leurs collègues déjà passés. Résultat : les suivants ont – enfin ! – choisi de s’appuyer sur la lice et non sur le chandelier du n°12 pour aborder le double n°7. Un mètre, un mètre cinquante qui ont changé la donne. Quant à la ligne 10/11, il semblait que la combinaison spa/oxer posait problème, alors qu’en réalité, l’enchaînement oxer (sortie du 10) / vertical (entrée du 11) à quatre foulées fit bien plus de dégâts.

Conner Jei & Martin Fuchs (SUI) – Photo : Xavier Boudon.

Santiago Varela, chef de piste du Saut Hermès depuis 2018, analyse son œuvre. « C’est normal que tout le monde stresse » dit-il, « mais je ne me suis pas inquiété car il y avait des fautes un peu partout. J’ai essayé de proposer quelque chose de différent aujourd’hui, et je suis très content du résultat. Beaucoup ont cru que la ligne 10/11 allait être le juge de paix, mais en fait, c’est plutôt le double n°7 qui a provoqué le plus de fautes car il ne fallait surtout pas modifier l’équilibre dans le virage. Pour les 10/11, le plus important, c’était de ne pas se retrouver à plat, sinon c’était impossible de les franchir correctement. Il fallait un cheval équilibré à l’abord du vertical d’entrée du 11. La dernière ligne, je ne l’ai pas faite trop compliquée ni trop massive car après ce qu’ils avaient sauté, je préférais leur donner une fin plus simple. »

Mr. Tac & Harrie Smolders (NED) – Photo : Xavier Boudon.

La libération vint du Britannique Scott Brash. Avec Hello Chadora Lady, le leader du classement mondial a tout simplement survolé les difficultés avec une maîtrise époustouflante. Clairement, Scott marche sur l’eau depuis des mois. Il ouvrit la voie à quatre autres barragistes, trois ténors et un invité surprise, le sympathique norvégien Geir Gulliksen. Ce dernier, passée l’euphorie de sa qualification, ne parvint pas à remotiver son fils de Zirocco Blue (ex Quamikase des Forêts, sf), Island V G, pour renouveler l’exploit. Pourtant, le parcours du barrage était nettement plus abordable que l’initial, plutôt favorable aux chevaux dotés d’une grande action. A ce jeu, Conner Jei (Connor 48, holst) s’est promené, stoppant le chrono sur 33’’35. Le duel avec Scott Brash eut bien lieu. Sa bouillonnante fille de Chacco-Blue a pu laisser s’exprimer toute son amplitude. Leçon d’équitation n°2, couronnée par un chrono de 32’’32, de quoi rendre la mission de ses adversaires très compliquée.

Pourtant, Harrie Smolders (NED) et son excellent Mr. Tac tenta crânement sa chance devant la famille Mégret, propriétaire du fils de Non Stop. Bilan, une 2e place ex aequo avec Martin Fuchs, un superbe cadeau d’anniversaire pour Dominique Mégret, très heureux du comportement du hongre. Etalon très en vogue depuis trois saisons, Grandorado TN a montré une nouvelle fois qu’il appartenait aux meilleurs performers mondiaux. Et même s’il rend presque deux secondes au vainqueur, il offre à Willem Greve (NED) une belle 4e place. Suite à ce résultat, Team Nijhof, son propriétaire, a annoncé qu’il serait disponible en semence fraîche et réfrigérée pendant un mois. Pour finir en beauté, le jeune Thibeau Spits (BEL) manqua de réussite et fauta à une reprise avec son sculptural Impress-K van’t Kattenheye Z. Le couple, 5e, continue sa belle série et marque des points précieux en vue des mondiaux.

Classement complet