So’Pony 2025 – Finale 4 ANS B : cocktail victorieux de mignonneries !

Sur place, Béatrice Fletcher.
Les poneys B de quatre ans avaient l’honneur d’ouvrir le versant sport de cette édition 2025 du So’Pony, qui bat son propre record de participation avec 1 100 poneys, toutes catégories confondues, dont les épreuves d’élevage. Le couple formé par Lays’viz Jeen Krystal et Roxane Scherer s’impose avec la manière sur un lot de treize prétendants au titre.
Lays’viz Jeen Krystal, mâle Welsh Mountain A par Crak Angel du Krystal et Briolen Giggi par Penwisg Pirate, 1m15 au garrot, né chez Ambre Réau à Herry (18) et noté à 15,925 lors de la NEP du premier jour, s’impose suite à un magnifique double sans faute et décroche la seule mention Elite du contingent. Le jeune champion, parmi les plus petits de sa classe d’âge, a été mené de main de maître à la victoire par Roxane Scherer, 10 ans, fille de la légende du concours complet, Rodolphe Scherer.

LAYS’VIZ JEEN KRYSTAL & Roxane Scherer – Crédit photo : PSV Photo
La jeune championne est installée au Haras des Presnes, à quelques encablures de l’élevage des Lays à Saint Gervais (85), dirigé par Sophie Mavrocordato, éleveuse de poneys depuis 2008, et son compagnon Nicolas Labordette, en charge du secteur élevage. Le couple, à la tête d’une centaine d’équidés sur 35 hectares, dont 98% de poneys, dispose d’un centre de reproduction et de mise en place, assure la fonction d’étalonnier, et distribue une vingtaine d’étalons, du shetland au cheval, en frais sur place mais aussi en réfrigéré et en congelé sur tout l’hexagone et en Europe. Quinze à vingt naissances sont accueillies chaque année. Sophie, « fan du chic de ces poneys Welsh » avait réservé le jeune champion noir in utero. « Lays’viz illustre parfaitement le sang, le respect et l’envie de bien faire de cette race. Il n’a fait que sept parcours au cours de la saison, car Roxane, qui l’a monté dès le départ, n’était pas toujours disponible. Il a eu sans doute davantage de facilité sur cette finale car nous n’avons pas de circuit B en région, il a donc tourné sur plus gros dans les épreuves C. » Sophie reconnaît l’importance du circuit classique en matière de communication, notamment pour la promotion des étalons disponibles à la monte. Elle espère que Lays’viz, approuvé Welsh, le soit prochainement par le PFS. « Il était déjà vice champion de France dans les trois ans sport. Nous avons également son propre frère âgé de 7 ans, Iz Perfect du Krystal (IPO 140), pour l’instant plus connu que son petit frère mais les performances de Lays’viz devrait attirer les éleveurs. Son père Crak Angel, de l’élevage de l’Ourcq appartient à Romain Labarre. » La saison prochaine, Lays’viz abordera le circuit des 5 ans toujours sous la selle de Roxane. « Après tout on ne change pas une équipe qui gagne » sourit Sophie, qui prendra plaisir à coacher la jeune pépite, déjà championne de France de concours complet avec l’un des étalons maison, Utrillo d’Arquetan, pfs (Gribouille Villaud) et vice-championne en poney Elite C CSO avec son compagnon d’écurie Goldwyn d’Embets, pfs (Blue Tinka Tilia) qui pourrait bien obliquer vers le concours complet, cette fois sous les ordres du père de Roxane ou de sa mère Aude. A noter, la toute jeune cavalière, qui montait trois étalons B sur ces finales, décrochait également la victoire dans la classe d’âge des 6 ans B. « Je ne suis pas très grande, donc je suis à l’aise sur les B. Je les monte le mercredi après midi, ou plus souvent si je peux. Lays’viz est sensible, il a du sang, et il me sauve des fautes », reconnaît Roxane, dont le cœur balance entre les deux disciplines.

LAYS’VIZ JEEN KRYSTAL & Roxane Scherer – Crédit photo : PSV Photo
Vice championne, Lyra Djinicky, WTC (Welsh type Cob) fille de Cadifor Apache et Saba Elvey par Bolino Ravignan, 1,26m, est toujours la propriété de sa naisseuse Marie Fidanza à Marsac en Livradois (63). Celle-ci a accueilli ses premières naissances en 2019, après avoir été elle-même cavalière. Elle occupe en parallèle un emploi dans l’industrie de la fibre. Soutenue dans sa tâche par son compagnon Nicolas Compigne, Marie explique avoir été séduite par le look du poney Welsh « notamment de sa petite tête arabisée » et s’être lancée dans l’élevage avec un objectif de produire des poneys de loisir. Encouragée par une amie, elle s’oriente ensuite vers le poney de sport, dont Lyra est la digne représentante de la première génération, issue de Cadifor Apache, choisi sur un coup de cœur pour ses capacité sportives, désormais exporté et donc peu représenté. « Lyra est franche, gentille, bien dans sa tête, ne se pose pas de questions, même si pour l’instant elle se précipite encore un peu » commente Marie. La cavalière Margaux Rigotti, installée dans son « Ecurie de Chalendrat » à Cunlhat (63) accueille une quarantaine de poneys, dont une partie en valorisation, et quatre à cinq produits à l’affixe « d’Indécis » par an. Elle avait incité Marie Fidanza à engager Lyra, qu’elle qualifie de très respectueuse et rapide, dans le championnat de France des 3 ans sport, lors duquel elle décrochait déjà le titre de vice championne. Pour la suite de l’aventure, Marie se conformera à l’avis de sa cavalière, en qui elle a « totale confiance » d’autant que toute la saison, Lyra a déjà tourné sur les épreuves C sur des cotes plus sérieuses. « J’aimerais qu’elle ait les meilleurs résultats possibles, car dans l’avenir, j’espère pouvoir pérenniser la souche de sa mère Saba Elvey, âgée de 18 ans, d’autant que c’est la dernière pouliche que j’ai fait naître, car je n’accueille que des mâles depuis quatre ans. » Le futur est donc presque déjà écrit pour la vice championne, à moins qu’elle ne fasse l’objet d’offres irrésistibles !

Lyra Djinicki & Margaux Rigotti – Crédit photo : PSV Photo
Sur la troisième marche du podium, nous retrouvons Leffe d’Or Lin, femelle Poney Français de Selle, fille du poney D Champagne d’Ar Cus et de Sally (WA) par Vechtzicht’s Comet (WA), 1,25m, née aux Ecuries d’Or Lin chez Sophie Imberlin et Sylvain Orhant à Remilly les Marais (50). A la tête d’une société d’emballage industriel, ils accueillent une à deux naissances par an. « En 2013, Sally, 9 ans à l’époque, avait été confiée à ma fille Romane, qui a couru les championnats d’Europe avec Quabar des Monceaux, le père de notre première pouliche Indy d’Or Lin née de Sally en 2018 » explique Sophie. « Après Leffe, nous avons eu Ma Rouget d’Or Lin, à nouveau par Quabar, puis Niki Rouget d’Or Lin, fille de Kasper’s Ronaldo née en 2023, toutes deux vendues pour la reproduction. Ma fille Gaëtane a monté Champagne d’Ar Cus en concours, jusqu’en 2023 au championnat d’Europe. Leffe a hérité des qualités de sa mère, très pratique au quotidien, volontaire, très respectueuse de l’humain, mais aussi de l’influx, du sens de la barre et de la taille de son père car elle toisait seulement 1,15m. Le Welsh a l’avantage d’avoir une conformation similaire à celle des chevaux, sur lequel les enfants apprennent l’équitation classique » conclut l’éleveuse. Sébastien Carpentier, basé à Fère en Tardenois, faisait l’acquisition de Leffe en 2024. Si son épouse Catherine est infirmière, Sébastien, militaire en retraite, fait naître deux poulains « du Petit Moulin » par an. « Leffe a un bon coup de saut, elle est gentille mais assez technique à monter, elle va sûrement évoluer et nous la garderons comme poulinière par la suite. » Le choix des pères se fait essentiellement sur la taille, mais le couple emmène ses juments en Normandie pour l’insémination et le suivi. Leffe, qui a « pris beaucoup de métier en deux jours » poursuivra quant à elle sur le circuit classique en 2026.

Leffe d’Or Lin & Sébastien Carpentier – Crédit photo : PSV Photo