So’Pony 2025 – Finale SHF 4 ans C : séquence émotion !

Béatrice Fletcher 27 août 2025

La classe d’âge des 4 ans C, forte de 32 candidats au titre, est enlevée avec brio par Lady Ga d’Ame, aux commandes de la toute jeune Romy Jacques, 10 ans.

Lady Ga d’Ame, pfs Isabelle fille de Emmickhoven’s Diego S * et Cashel Draliam par Garryhinch Martin, 1,39m, a signé deux parcours parfaits lors de cette finale, comme 12 des concurrents, et s’est vue attribuer l’unique mention Elite de sa catégorie grâce à sa prestation lors de la NEP (16.575). La championne a vu le jour chez sa propriétaire Aude Anjuère Maillet à Saint Etienne du Bois (85). L’éleveuse, qui occupe un emploi dans une enseigne de sport, fondait l’élevage d’Ame en 2012 avec son mari malheureusement décédé voilà dix ans. C’est donc seule qu’elle gère quelques 45 chevaux sur 25 hectares, où elle a accueilli cette année sept naissances. « Je croise mes mères Connemara, principalement pour leur gentillesse, avec des poneys français de selle pour amener un peu de sang car ils sont relativement tardifs et peuvent parfois manquer de souplesse. Les débuter sur le circuit classique à 4 ans est quelquefois un peu compliqué. Je les croise également à l’occasion avec du Connemara, pour conserver les lignées. J’élève aussi des Selle Français et des mini shetlands » explique Aude qui le reconnaît, la principale qualité de la championne est son énorme cœur.

Lady Ga d’Âme & Romy Jacques – Crédit photo : PSV Photos

« Elle est inarrêtable, très agile sur les barres, elle a du bon sang et un vrai passage de dos. Sa mère Cashel Draliam est une jument que j’ai moi-même sortie sur le circuit des quatre et cinq ans, puis qui a tourné avec les enfants avant de se consacrer à la reproduction. Elle a produit Jig O Lo d’Ame pfs (Doowup de Grisien), qui a été champion régional des deux ans, et va débuter les sept ans l’année prochaine. Elle a également produit Keva d’Ame, pfs par Shigeru de la Rive, 7ème des deux ans au national, vendue en début d’année de trois ans. » Si Lady – selon son éleveuse « la première à briller sur les terrains » – n’est pas vendue, elle poursuivra le circuit sous la selle de Romy Jacques, graine de championne de seulement 10 ans, en CM2 à la rentrée, qui sort déjà sur le circuit TDA en As 1 sur des tours à 1,20m, et remportait là son premier titre. « Je travaille à peu près sept poneys à la maison à Venansault (85). » « C’est une cavalière brillante, qui a une détermination sans failles. On le voit bien quand elle rentre sur le tour, elle a un regard de tueuse » sourit l’éleveuse, particulièrement émue de cette victoire. Un magnifique hommage à son époux disparu…

Lady Ga d’Âme & Romy Jacques – Crédit photo : PSV Photos

Vice championne, déclarée Excellente, Loki du Plantis, WTC à la robe Isabelle, fille de Fire du Plantis et d’Halloween du Plantis par Tame Valley Casablanca, née chez Sandrine Favreau à Val de Cognac (16), évoluait aux rênes de sa propriétaire Lilou Calvière, 15 ans, en seconde à la rentrée, qui l’avait débourrée. « Elle est très respectueuse, franche avec un très bon mental, et a toujours envie de bien faire » assure Lilou, qui devra laisser partir sa protégée, vendue à l’occasion de cette finale et pourra désormais se consacrer, sous la supervision de sa mère Géraldine à Saint Martin de Crau (13), à ses onze autres poneys, dont Decibelle Bauthéac, sa partenaire de Grand Prix Excellence. L’éleveuse, qui travaille dans la grande distribution, a fondé l’élevage du Plantis voilà vingt deux ans sur 14 hectares et compte aujourd’hui sur son mari Vianney pour la seconder occasionnellement dans la gestion de ses six poulinières Welsh C ou D, soit quatre à cinq naissances annuelles. « La plupart du temps, je les vends dans les six premiers mois, ce qui a été le cas pour Loki. Internet et les réseaux sociaux facilitent la commercialisation. Pour moi, l’essentiel a toujours été que mes produits soient heureux. Jusqu’à présent, je vendais davantage pour du loisir, mais depuis quelques années, je me fais plaisir en croisant mes Welsh avec d’autres races. Je suis ravie des résultats de Loki sur le circuit classique. Elle a été le premier produit de Fire et Halloween qui sont aussi nés chez moi, je trouvais qu’ils allaient bien ensemble, et j’ai eu cette année son propre frère, Pluton du Plantis », indique Sandrine, qui met un point d’honneur à constituer une sorte d’album photo de tous ses produits, de la naissance au sevrage à destination des futurs acquéreurs.

Loki du Plantis & Lilou Calvière – Crédit photo : PSV Photos

Troisième de ce championnat, Excellent également, Laloee de Marquay, pfs fille de Goliath Van de Groenweg et Sophane de Marquay par Flightpath, née chez Stéphane Bouttemy à Saint Paul sur Ternoise (62). Le cavalier- et éleveur – Julien Roussel, basé au centre équestre de la Méroise à Saint Venant avec 75 équidés, lui reconnaît des qualités sportives et de l’énergie, comme la plupart des produits de Sophane qu’il a pour habitude de valoriser. L’éleveur, artisan barbier et agriculteur de profession, produit des poneys depuis une quinzaine d’années, suite à l’acquisition de Sophane de Marquay pour sa fille qu’il a décidé de faire reproduire, classée parmi les 50 meilleures poulinières de France au cours de sa carrière, notamment pour la production de Victor des Fontinette (Ibn Arabi), indicé IPO 122, comme ses sœurs utérines Faloee de Marquay (Batman d’Eté), Haloee de Marquay (Daho du Paradis), 3ème du championnat de France des 5 ans C en 2022, ou encore Ivanhoe de Marquay (Mad du Bosc, IPO 125), 5ème du championnat des 5 ans D lors de ces finales 2025. « En tant que membre de l’association des éleveurs des Hauts de France (AECCP), je bénéficie de conseils de croisements, et parfois de saillies gratuites. Nous avons de la chance, la mère est très bonne » admet Stéphane, qui prévoit de poursuivre sur le circuit classique avec Laloee qu’il envisage de conserver pour son élevage à l’avenir, d’autant qu’elle a un excellent tempérament. « Ce résultat est très encourageant pour des petits éleveurs comme nous. C’est un plaisir de venir sur un site comme celui-là et de côtoyer les grands professionnels » conclut Stéphane Bouttemy.

Laloee de Marquay & Julien Roussel – Crédit photo : PSV Photos