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Blood Diamond du Pont offre à Julien Anquetin la plus belle victoire de sa carrière dans le Grand Prix Hermès

Emilie Dupont 17 mars 2024

La statue du Maréchal Joffre posée devant l’École Militaire, dans l’entrée du Grand Palais Éphémère, a sans aucun doute apprécié le spectacle. Bouquet final de la quatorzième édition du Saut Hermès, le Grand Prix Hermès a couronné Julien Anquetin, auteur d’un incroyable barrage avec son Selle Français de treize ans, Blood Diamond du Pont.

Troisième duo à s’élancer dans le barrage à neuf du Grand Prix Hermès, Blood Diamond du Pont, SF (Diamant de Semilly, SF) et Julien Anquetin ont offert une leçon de pilotage à leurs concurrents en franchissant la ligne d’arrivée en seulement 34’’64. Impressionnant. Pour autant, aucune victoire n’était, à ce moment-là, encore assurée au regard des adversaires à venir. À commencer par Julien Épaillard, considéré comme l’un des cavaliers les plus rapides du monde et qui avait préservé son excellent Donatello d’Auge, SF (Jarnac, SF) – sacré meilleur cheval de saut d’obstacles du monde en 2023 – pour ce Grand Prix. Le Français, numéro quatre au classement mondial et médaillé de bronze aux derniers championnats d’Europe, a lui aussi pris tous les risques dans chacune des trajectoires. Mais son chronomètre s’est finalement arrêté à 34’’92, soit 28 centièmes, derrière son compatriote et ami. Numéro un mondial, le Suédois Henrik von Eckermann commettait ensuite une faute avec Iliana, KWPN (Cardento, Holst). Seul le Colombien René Lopez Lizarazo, associé à Kheros van’t Hoogeinde, Bwp (Echo van’t Spieveld, Bwp), a réussi à s’approcher du duo alors en tête en concluant son barrage en 35’’96. Le podium était cette fois-ci bien définitif. Deux Tricolores sur les deux premières marches, et sur la troisième, le plus français des Colombiens, installé en Lorraine depuis près de quarante ans.

« Cette victoire est un accomplissement. »

« C’est la plus belle victoire de ma carrière », confiait, très ému, Julien Anquetin après sa victoire. « Je suis sur un nuage. J’ai du mal à réaliser. J’ai déjà gagné un Grand Prix dans un CSI5* (La Corogne en 2023) mais gagner ici en France, c’est incroyable. Dans le barrage, je crois que mon demi-tour est le plus beau de toute ma carrière. J’étais heureux quand Julien Épaillard s’est lui aussi qualifié pour le barrage car j’étais très motivé par l’idée d’affronter le cavalier le plus rapide au monde. Je me suis dit qu’on allait pouvoir s’amuser ! C’était un beau challenge. Je savais que j’avais été rapide mais c’était très stressant de regarder les autres. Mon cheval a une fois encore été incroyable. Il a fait ses premiers internationaux avec moi. Cette victoire est un accomplissement. »

Depuis son retour à la compétition en septembre dernier, Blood Diamond du Pont ne cesse d’ailleurs de faire parler de lui. Vainqueur du Grand Prix 4* de Saint-Lô en octobre, d’une 1.55 mètre à La Corogne en décembre, d’une autre à Leipzig en janvier, septième du Grand Prix Coupe du monde de Bordeaux en février puis deuxième d’une 1.50 mètre à Goteborg… Le fils de Diamant de Semilly semble plus en forme que jamais.

La belle génétique française à l’honneur

En plus de son talent, en remportant ce Grand Prix Hermès, Blood Diamond du Pont a mis à l’honneur la belle génétique française. Fils de Diamant de Semilly et de Line du Pont (Arpège Pierreville), le bai est labellisé Selle Français Originel et a dans ses veines le sang de quelques-uns des étalons les plus emblématiques du stud-book tricolore. Parmi eux, Uriel et Muguet du Manoir du côté maternel et, évidemment, Le Tot de Semilly et Grand Veneur du côté paternel. Blood Diamond du Pont est par ailleurs issu d’une belle lignée maternelle, travaillée depuis de nombreuses années par la famille Leconnetable. Sa mère, Line du Pont, a vu quatre de ses huit produits indicés à plus de 120 et l’a elle-même été durant sa carrière sportive sous la selle de Matthieu Leconnetable (avec qui elle s’est illustrée jusqu’en épreuves Pro 2). Idem pour sa grand-mère, Flore du Pont (Muguet du Manoir). Quant à son arrière-grand-mère, Oajaca du Pont (Uriel), elle a notamment engendré Voltigeuse IV (Jasmin), ISO 155, que l’on a pu voir en épreuves A1 et épreuves internationales jusqu’en 1998 sous la selle de Michel Cizeron. Bref, Blood Diamond du Pont a de qui tenir.

Deuxième de ce Grand Prix, Donatello d’Auge a également mis à l’honneur la génétique française et, au-delà de ça, rendu un bel hommage à son grand-père maternel, Hello Pierville, qui s’est éteint quelques jours plus tôt.

La satisfaction malgré tout

D’ailleurs, pas de déception affichée pour le cavalier et éleveur de Donatello, Julien Epaillard, malgré cette victoire manquée de peu. « Je suis sincèrement très content pour Julien et je suis ravi d’être à ma place », assurait le Normand. « J’ai eu un week-end un peu malchanceux avec trois fois quatre points alors c’est une bonne fin de concours. Au barrage, j’ai essayé de gagner du temps au début mais mon demi-tour n’a pas été exceptionnel. Sur le dernier obstacle, j’ai peut-être aussi manqué d’un peu d’audace, je n’ai pas osé faire une foulée en moins. Mais il ne faut pas refaire le match. Julien a été le meilleur. Et c’est bien de voir qu’il y a des jeunes qui nous poussent. »

Dans un style très offensif, Rene Lopez a enchanté le public dès la première manche et sa troisième place lui a redonné le sourire après une chute vendredi dans la première épreuve. « Je suis très content … même si premier c’est mieux », a indiqué le Colombien avec une pointe d’humour. « J’avais le cheval pour gagner et j’avais tellement envie de bien faire. Mais le début de mon barrage a été délicat. C’est un beau résultat pour le cheval qui enchaine les sans-faute. J’ai la confiance de mon propriétaire, Monsieur Bertrand Darier, depuis de nombreuses années et je suis aussi heureux pour lui. Ce n’est que du bonheur. »

Pour consulter les résultats complets de cette épreuve, cliquez ici.

(avec communiqué)

Crédit photo à la une: Saut Hermès/Christophe Tanière