L'E
L’Expérience

Le Coq Sportif relève le défi de l’équitation

Emilie Dupont 7 février 2024

À l’occasion des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris, les cavaliers de l’équipe de France, comme la plupart des athlètes tricolores, seront habillés par le Coq Sportif. Une initiative inédite pour la marque française. Ewa Samson, cheffe d’atelier, revient sur le processus de création des vestes d’équitation qui, pour les équipes du Coq Sportif, a été un véritable challenge. 

En 2024, le Coq Sportif a été choisi par le CNOSF pour habiller les athlètes de l’équipe de France, y compris les cavaliers. Comment a été initié ce partenariat ? 

Les Jeux Olympiques de 2024 ayant lieu en France, le CNOSF a émis le souhait que les tenues des athlètes tricolores soient fabriquées par une entreprise elle aussi française. L’idée était, dans un premier temps, que tous les Français aient la même tenue afin qu’on les reconnaisse facilement, à n’importe quel moment. Nous avons donc imaginé et créé la tenue officielle commune, ainsi que les tenues spécifiques à chacun des cinquante-quatre sports olympiques et paralympiques dont nous nous occupons. Parmi eux, se trouve l’équitation, pour qui nous avons conçu plusieurs vestes, un pantalon et une chemise. Cela fait désormais deux ans que nous travaillons avec la Fédération française d’équitation et les cavaliers pour imaginer les tenues idéales. Des cinquante-quatre sports dont nous sommes chargés, l’équitation a d’ailleurs été le premier sur lequel nous nous sommes penchés. Nous avions fait les premiers essayages en février 2022. Aujourd’hui, après d’innombrables heures de recherches et de travail, nous leur présentons à Bordeaux les derniers prototypes avant que les produits finaux.

C’est la toute première fois que Le Coq Sportif a dû concevoir des tenues d’équitation. Comment vous êtes-vous adaptés aux diverses contraintes vestimentaires de ce sport ?

Effectivement, les tenues d’équitation ne constituaient jusqu’alors pas un savoir-faire pour les équipes du Coq Sportif. Cela a demandé beaucoup de travail en amont à nos modélistes, qui ont dû faire des recherches et concevoir des patrons que nous n’avions pas. Nous avons donc regardé ce qui se faisait déjà en ce concerne les coupes, les matières, etc., et avons essayé de tout améliorer. C’est aussi en cela que notre collaboration avec la Fédération française d’équitation et les cavaliers a été intéressante : nous aurions pu copier ce qui se faisait déjà mais nous avons souhaité être à l’écoute de toutes les remarques qui nous été faites pour proposer un tout nouveau produit, qui réponde à tous les critères et qui soit exactement ce que les cavaliers peuvent espérer de mieux. Il y a donc eu plusieurs prototypes, plusieurs essayages, plusieurs allers-retours afin d’arriver à la meilleure version possible.

Maxime Livio, ici lors de l’essayage des derniers prototypes (qui connaîtront de nouvelles modifications avant les Jeux Olympiques) à Bordeaux. Ph. FFE/PSV.

Comment ont été fabriqué les vestes ? Quelles sont les matières utilisées et les aspects techniques apportés ?

Comme 90% des autres sports dont nous sommes en charge, toutes les parties patronage, modélisation et prototypage ont été réalisées en France, dans nos locaux de Romilly-sur-Seine. Cela nous tenait à cœur qu’un maximum de choses soient, dans ces tenues, d’origine française. D’ailleurs, en ce qui concerne les vestes d’équitation, tout, de A à Z, vient de France, y compris les matériaux utilisés. Cela n’est malheureusement pas le cas pour tous les sports, mais l’équitation était dans ma liste des produits qu’il était important de produire en “made in France”. Parmi les caractéristiques techniques des vestes, nous avons l’élasticité afin que les cavaliers aient une réelle liberté de mouvement, et l’aspect respirant. Pour ce dernier point, nous avons dû trouver un fournisseur spécifique, qui puisse travailler le tissu sans le rendre moins résistant. Finalement, nous sommes parvenus à concevoir des vestes extrêmement techniques, mais également esthétiques. Il n’est pas toujours facile de marier ces deux aspects. Nous nous sommes d’ailleurs fait aider par un directeur artistique. Et puis, outre les contraintes dont nous ont fait part les cavaliers, nous avons également dû nous plier à celles des règlements sportifs. Tout a été une question de détails.

Après ces premiers pas dans le monde de l’équitation, Le Coq Sportif compte-t-il développer une gamme complète, accessible à tous les pratiquants ? 

Nous sommes actuellement en pleine réflexion à ce sujet. Grâce à cette collaboration avec le CNOSF, les fédérations sportives françaises et les athlètes, nous avons élargi de manière considérable les savoir-faire du Coq Sportif et nous aimerions continuer d’en développer certains. 

Crédit photo à la une: FFE/PSV